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Video nasty : censure made in England

 
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Xoan
The Spanish Inquisitor

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MessagePosté le: Ven 12 Juil - 11:53:56 (2013)    Sujet du message: Video nasty : censure made in England Répondre en citant



"Vidéo nasty" est un terme familier inventé au Royaume-Uni, en 1982, qui s'appliquait à l'origine pour un certain nombre de films distribués sur cassette vidéo qui ont été critiquées pour leur contenu violent par la presse et diverses organisations religieuses .
Alors que la violence dans les films sortis dans les cinémas était régie par un organisme officiel, le Conseil de censure cinématographique britannique, depuis de nombreuses années, l'absence d'un système de réglementation pour les ventes ou locations de ces vidéos, sous prétexte que n'importe quel film pourrait tomber dans les mains d'un enfant à créé un débat publique particulièrement virulent.
La plupart de ces vidéos étaient des films d'horreur à petit budget produits en Italie et aux États-Unis.
Ce débat a aboutit sur la mise en place du "Video Recordings Act 1984" qui a imposé un code strict de la censure sur les vidéos que ce qui était nécessaire pour la sortie en salle.
Plusieurs productions après un passage sur grand écran ont fini par être interdites en vidéo, relevant du champ d'application de la législation visant à contrôler la distribution de ces films jugés violents
En raison d'une erreur législative découvert en Août 2009 la loi "Video Recordings Act 1984" a été abrogée et remplacée par la loi Video Recordings Act 2010.


La première liste des «vidéos nasties» a été rendu publique en Juin 1983 et comportait 72 titres.
39 titres sont restés interdits durant plusieurs années en Angleterre, et 33 autres ont finalement été autorisés à la vente ou la location après qu’une étude en commission en ait levé l’interdiction, considérant finalement qu‘ils ne représentaient plus de danger de «corruption et de dépravation» pour le spectateur (mais en censurant certains passages malgré tout).





Si en France la censure régna durant les années 70 (principalement pour contrer la déferlante des films pornographiques dans les salles), au début des années 80, l'explosion de la location de VHS et la prolifération des vidéoclub redonna un nouvel essor à de nombreux films peu connus du grand public mais apporta également une nouvelle manne financière aux films exploités en salle.
La fin de la période dite "de censure" levée par le ministre de la culture Jack Lang en 1982 permis à de nombreux films de retrouver leur intégralité et même de ressortir dans les salles (Zombie, Massacre à la Tronçonneuse, Mad Max, etc...).
De nombreux films ayant subis la censure lors de leurs sorties sur grand écrans voir de leur interdiction totale connurent un grand succès, principalement grace à René Château et sa collection en VHS de films "Les Films que vous ne verrez jamais à la télévision" (que Canal+ pourtant diffusa quand elle commença à émettre dès 1984).




A la même période en Angleterre, la situation était nettement plus sérieuse.

De 1979 à 1984, le marché vidéo était dominé par des éditeurs indépendants sortant tout et n’importe quoi dans le domaine de l’horreur, avec des jaquettes provocantes, avec parfois des films interdits aux mineurs ou censurés au cinéma par le BBFC, sortant sans aucune interdiction sur le marché de la vidéo.
Ce dernier organisme ne s’occupant que de cinéma, le marché vidéo n’était donc pas contrôlé.
Des ligues de vertus se sont alors faites entendre et de nombreux films ont été bannis et ont intégré une liste baptisée Video Nasties.


Le début de cette "affaire" date de 1982, lorsque Vipco (Instant Video Picture Company), distributeurs britanniques de The Driller Killer, un film de1979 d'Abel Ferrara, fait paraître des annonces publicitaires pleines pages dans un certain nombre de magazines spécialisés, représentant la couverture explicite de la vidéo (le coup de perceuse en plein front dune victime), une action qui donnera lieu à un grand nombre de plaintes à l'Agence des normes de la publicité britannique.
Quelques mois plus tard, les distributeurs du déjà très controversé film italien Cannibal Holocaust, procèdent de la même façon et aurait même écrit une lettre de plainte bidon à Mary Whitehouse dans l'espoir de générer de la publicité gratuite.
Pour Mary Whitehouse (qui milita pour les valeurs morales et la promotion de la décence religieuse, particulièrement active au niveau des médias audiovisuels qui fonda en 1965 la "National Viewers' and Listeners' Association", dont elle est la première présidente.) c'en est trop et déclenche une campagne publique. C'est elle qui aurait inventé le terme de «video nasty» (méchante vidéo).




Dans le The Sunday Times en mai 1982 un article intitulé " "How high street horror is invading the home" pose la question à un public plus large en laissant une bonne place aux avis des divers mouvements religieux scandalisés par ces films.
Puis le Daily Mail commence à son tour sa propre campagne contre la distribution de ces films jugés à «tendance à corrompre et dépraver".
L'exposition des publicités de ces «vidéos nasty» aux enfants commence à enflammer l'opinion publique, allant même à les rendre responsable de l'augmentation des crimes violents chez les jeunes.
Pourtant comme souvent c'est l'effet inverse qui arrive : cette frénésie croissante des médias ne fait qu'augmenter la curiosité pour ces films chez les adolescents.
Suivant les suggestions de "l'Association des téléspectateurs nationale et des auditeurs» de Mary Whitehouse, le député conservateur Graham Bright présente un projet de loi à la Chambre des communes en 1983. Elle est adoptée sous le nom "Video Recordings Act 1984" et entre en vigueur le 1er Septembre 1985.




En vertu de la loi de 1984, le Collège des censeurs du cinéma britannique a été rebaptisé Conseil de classification des films britannique et devint responsable de la certification à la fois de cinéma et des vidéo. Toutes les vidéos après le 1er Septembre 1985 doivent se conformer à la loi et être soumis à la classification de la BBFC.
Les films sortis en vidéo avant cette date devait être à nouveau soumis à la classification dans les trois années suivantes.
Avec l'idée que ces vidéos pouvaient tomber entre les mains des enfants exige que la classification des films pour la vidéo comme un processus distinct de classification cinéma.
Ainsi les films qui étaient sorties en version intégrale ou très peu censurés pour le cinéma étaient souvent coupées drastiquement voir interdits pour leur sortie en vidéo.
Les vidéos non classifiées tombent sous le coup de la loi et étaient reconnues comme une infraction criminelle (surtout si ces versions "libres" tombaient entre les mains d'un mineur)
Le but principal de cette loi visait à freiner la distribution des films d'horreur à petit budget.
La dureté de cette loi eu des effets inattendus : un certain nombre de métrages issues de prestigieuses major malgré leur classification cinéma, tombaient sous le coup du"Video Recordings Act 1984" .
Parmi les plus "célèbres" cas, L'Exorciste, qui avait été édité en vidéo par par Warner Home Video en Décembre 1981 sans être soumis à la certification de la vidéo alors inexistante, a été retiré des rayons en 1986 ou encore les Chiens de paille a qui on a refusé la certification vidéo et du être retiré des vidéoclubs.

Avec l'adoption de cette fameuse Loi sur les enregistrements vidéo, les films sur la liste pouvaient être poursuivis en justice pour "obscénité" et ne ne recevaient pas de classement de la part du comité de censure britannique, les rendant du coup "hors la loi" et tout simplement interdits sur le marché d'outre-manche.
Grace à cette fameuse loi, la BBFC devenait toute puissante, imposant des interdictions et des coupes sur de nombreux films (tels que Massacre à la Tronçonneuse pourtant sorti sur grand écran dans sa version intégrale). Une pratique qui deviendra habituelle, relevant du chantage tant la pression était forte pour les producteurs et distributeurs voulant exploiter leurs métrages sur le marché vidéo britannique qui dura jusqu'en en Août 2009.




Les 39 films interdits

Anthropophagous de Joe d'Amato
Horrible de Joe d’Amato
Lisa Lisa de Frederick R. Friedel
Holocauste Nazi (Armes secrètes du IIIème Reich) de Luigi Batzella
La Baie sanglante de Mario Bava
La Lune de sang de Jess Franco
Chasseurs d’hommes de Jess Franco
Blood feast de Hershell Gordon Lewis
Carnage de Tony Maylam
Pulsions cannibales de Antonio Margheriti
The ghastly ones de Andy Milligan
Cannibal holocaust de Ruggero Deodato
La Maison au fond du parc de Ruggero Deodato
Cannibal ferox de Umberto Lenzi
Cannibal man de Eloy de la Iglesia
Driller killer de Abel Ferrara
Messe noire de Eric Weston
Exposé de James Kenelm Clarke
Le Tueur de la forêt de James Bryan
Face à la mort de John Alan Schwartz
Fight for your life de Robert A. Endelson
Toxic zombies de Charles McCrann
Chair pour Frankenstein de Paul Morrissey
Des filles pour le bourreau (La dernière orgie du IIIème Reich) de Cesare Canevari
La maison près du cimetière de Lucio Fulci
L’Enfer des zombies de Lucio Fulci
I spit on your grave de Meir Zarchi
Island of death de Nico Mastorakis
La dernière maison sur la gauche de Wes Craven
Camp spécial n° 7 de Lee Frost
Madhouse de Ovidio G. Assonitis
Mardi gras massacre de Jack Weis
Night of the bloody apes de René Cardona
Night of the demon de James C. Wasson
Cauchemars à Daytona Beach de Romano Scavolini
Snuff de Michael Findlay
Le camp des filles perdues (Horreurs nazies) de Sergio Garrone
Ténèbres de Dario Argento
Dans les griffes du loup garou de Miguel Iglesias



Les 33 films présents dans un premier temps sur la liste, mais qui furent finalement autorisés après plusieurs coupes :

L’Au-delà de Lucio Fulci
Spectre (Boogeyman) de Ulli Lommel
Boogeyman II de Ulli Lommel
Terreur cannibale de Alain Deruelle
Contamination de Luigi Cozzi
Réincarnations de Gary A. Sherman
Le crocodile de la mort de Tobe Hooper
Massacres dans le train fantôme de Tobe Hooper
Cannibalis (Au pays de l’exorcisme) de Umberto Lenzi
Sentences de mort de Peter Maris
Pyromaniac de Joseph Ellison
La malédiction du fond des temps de Lawrence D. Foldes
The forgotten de S.F. Brownrigg
Evil dead de Sam Raimi
Frozen scream de Frank Roach
Electro-choc de Gregory Godell
Le suspect de Murray Markowitz
Inferno de Dario Argento
La petite sœur du diable de Giulio Berruti
La bête tue de sang froid de Aldo Lado
Le massacre des morts vivants de Jorge Grau
À la limite du cauchemar de William Asher
Possession de Andrzej Zulawski
La maison de sang de Jeffrey Obrow et Stephen Carpenter
La montagne du dieu cannibale de Sergio Martino
The slayer de J.S. Cardone
Les yeux de la terreur de Kenneth Hughes
La foreuse sanglante (The toolbox Murder) de Dennis Donnelly
Unhinged de Don Gronquist
Terreur à l’hôpital central de Jean-Claude Lord
The witch who came from the sea de Matt Cimber
Des diamants pour l’enfer (Visa pour mourir) de Jesus Franco
Virus cannibale de Bruno Mattei


Aujourd’hui, la donne est différente, mais cette période fait partie intégrante de l’histoire du cinéma d’horreur au Royaume Uni.



Dernière édition par Xoan le Mar 16 Juil - 09:08:52 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 12 Juil - 11:53:56 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Fuchsia
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MessagePosté le: Lun 15 Juil - 13:32:40 (2013)    Sujet du message: Video nasty : censure made in England Répondre en citant

Je le lis tout à l'heure parce que là, je vais aller manger - oui, je n'ai pas encore mangé !

C'est un sujet qui tombe à point nommé car si le terme ne m'était évidemment pas inconnu, j'avoue que j'ai de grosses lacunes (disons que certains films sont dans cette liste et mon petit cerveau ne comprend pas pourquoi !).

Mine de rien, ça va devenir une sacrée Bible du genre, ici.
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Xoan
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MessagePosté le: Lun 15 Juil - 16:03:37 (2013)    Sujet du message: Video nasty : censure made in England Répondre en citant

On pourrait encore en dire beaucoup plus sur le sujet. Wink
Vi on va finir par tous les retrouver par ici avec le temps Mr. Green
C'est vraiment une période noire du cinéma en Angleterre qui encore aujourd'hui n'est pas totalement réglée.
Certains films ne sont encore jamais sortis officiellement outre-manche mais sont présents grace aux imports.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:12:54 (2018)    Sujet du message: Video nasty : censure made in England

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