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L'Effrayant Docteur Hijikata (1969)

 
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Xoan
The Spanish Inquisitor

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MessagePosté le: Sam 6 Juin - 15:29:05 (2009)    Sujet du message: L'Effrayant Docteur Hijikata (1969) Répondre en citant

L'Effrayant Docteur Hijikata
(Horrors Of Malformed Men / Edogawa Ranpo Taizen : Kyofu Kikei Ningen)
de Teruo Ishii (1969)



avec Teruo Yoshida, Yukie Kagawa, Teruko Yumi, Mitsuko Aoi, Michiko Kobata, Yumiko Katayama, Kei Kiyama, Reiko Mikasa, Miki Obana, Michi Tanaka, Kinko Kato, Yôko Koyama, Chiyo Okada, Mie Hanabusa, Masaomi Kondo.


Interné dans un asile, le docteur Hitomi passe son temps à errer, perdu dans ses hallucinations, ou à se jeter dans les bras de malades hystériques et nymphomanes. Un jour, après avoir échappé à un assassinat, il s'échappe et part à la recherche de lieux et de personnages habitants ses étranges et inquiétantes visions. Une quête qui le mènera vers une île peuplées de monstrueux habitants, obéissant à un un homme sadique et dangereux.


L'Effrayant Docteur Hijikata  est l'adaptation d'une histoire macabre du grand écrivain japonais Edogawa Rampo, réalisé par Teruo Ishii (Orgies sadiques de l'ère Edo, L'Enfer des tortures) qui nous offre une œuvre baroque, décadente, hallucinée où se télescopent les genres les plus divers (horreur, érotisme, policier, drame) et une imagerie pour le moins étrange et grotesque.
Une œuvre qui sur un postulat de départ pour le moins classique (la recherche d'identité et des origines) s'enlise, s'envole, se noie dans une imagerie complètement folle ou le laid devient beau, où la normalité vacille sous le regard de ces hommes et femmes modifiés et attendant l'heure de leur revanche à l'abri des yeux accusateurs.


Le métrage est scindé en deux parties distinctes, nous offrant ainsi deux univers très différents sur la forme mais finalement possédant une continuité, presque une logique reliée par le désir d'un homme de retrouver ses origines, mais où le réalisateur progressivement laisse son imagination morbide et poétique prendre possession de la pellicule pour finir sur des révélations pour le moins étonnantes voir choquantes.
En mêlant l'onirisme, la fantasmagorie à une vision plus politique et sociale du Japon d'après guerre, Teruo Ishii nous donne une œuvre foisonnante, grouillant d'idées folles et étranges, mais en conservant certains des thèmes qui lui sont chers bien qu'ici plus discrètement exposés qu'à son habitude.


Réalisateur génial pour les uns, misogyne immonde pour d'autre, son cinéma se trouve entre ces deux vérités, nous dévoilant des femmes maltraitées physiquement ou moralement et dépendante de l'homme (La femme coupable, faible et acceptant son sort aussi douloureux soit-il) qui dans la première partie du film sont souvent soumises ou tout simplement aliénées voir les deux à la fois. Dans la seconde partie elles sont presque de simple objets décoratifs, esclaves ou animaux aux service d'un maître, privées de paroles, simples autochtones de l'île surgissant ou hantant des scènes à l'imagerie forte et souvent dérangeante.
Seule l'image de la mère, après avoir connues les pires atrocités, parvient à s'extraire de cette forme de représentation dégradante de la féminité.


Mais le film n'est pas centré sur la féminité et sa représentation mais principalement sur la recherche d'identité et la reconstitution du noyau familial.
Le héros qui dans la première moitié du film mène son enquête, une fois évadé de l'asile pour donner un sens à ses visions, s'enfonçant dans une aventure étrange et onirique où chaque indice trouvé le rapproche un peu plus de la vérité tant désirée mais l'éloigne inexorablement de toute réalité. Quête douloureuse où il devra ressusciter pour s'infiltrer dans une famille dont le fils vient de décéder et qui entretient avec lui une troublante ressemblance physique. Au bout de son enquête il va découvrir qui il est vraiment  et le provenance de ses visons intimes et effrayantes.
Cette première partie mêlant l'intrigue policière, l'érotisme discret et par instant un humour assez malvenu (les deux moines lors de la découverte de la résurrection) s'achève sur le départ sur l'île, berceau de cette famille où se cache le pire des secrets.


Dès l'arrivée sur l'île le film change radicalement de ton, d'ambiance, s'enfonçant dans l'horreur et l'étrangeté la plus déstabilisante possible.
Ici la folie imprègne chaque image, nous révélant des monstres de foires aux allures de morts-vivants, de femmes/animales, où chaque plan recèle une idée, un plan ou un univers original, troublant et inquiétant.
Dans cette dernière partie le réalisateur laisse libre court à son imagination, composant de véritables tableaux surréalistes, vénéneux, morbides où l'imagerie de la mort  et de la putréfaction nous rappelle celle si chère à Lucio Fulci (surtout L'Au-Delà et Conquest), le comportement hystérique et décalés de certains îlotiers se rapprochant à l'univers de Jodorowsky (surtout La Montagne Sacrée), le tout se mêlant à de véritables moment d'horreur pure et sadique comme la scène où une femme infidèle doit manger les crabes dévorant le corps de son amant putréfié et attaché à elle.


L'univers visuel créé par Teruo Ishii est hors norme et s'enfonce dans les pires visions d'un enfer humain où la normalité n'a plus cours, où chaque corps, chaque esprit à été modifié, tailladé pour pouvoir résider là et assouvir le désir de revanche du maître de cet endroit, idée proche de L'Ile du Docteur Moreau (le livre de Herbert George Wells ) mais possédant un penchant nettement plus malsain, beaucoup plus déviant car n'hésitant pas à s'attaquer à plusieurs tabous dont l'inceste et n'offrant pour perspective à occupants l'idée que leurs difformités bientôt remplacera la normalité telle que perçue par la société nipponne, du moins en apparence.


Le réalisateur nous offre d'incroyables scènes où la poésie perverse et les fulgurances malsaines qui s'en dégagent, réussissent à nous attirer et nous déstabiliser, n'hésitant pas , comme lors de la première scène du film, à recourir à d'autres formes d'art comme le Butô, la danse des ténèbres ( http://japon.canalblog.com/archives/2007/02/10/3964122.html ) où les corps semblent échapper à toute forme connue de mouvement ou de frontières entre la chair et le songe.


On pourra malgré tout regretter que dans le dernier quart d'heure le réalisateur nous assène un "twist final explicatif" alors que son film n'en demandait pas vraiment. Un étrange décalage se crée entre la folie et le grotesque de ce qui était jusqu'à présent exposé et ces derniers instants bavards et amenés brusquement presque comme s'il voulait rétablir d'une certaine façon l'ordre des choses et rassurer son audience. Un véritable atterrissage forcé pour cette œuvre planant aux limites de l'absurde visuel et de la poésie macabre.
Reste un ultime plan très curieux, aux effets assez ridicules dignes d'une grosse série Z mais qui nous offre une scène vraiment unique et finalement drôle.


Au final le métrage de Teruo Ishii est visuellement très forte, ne reculant devant aucun effet ou idée outrancier, plongeant dans univers où la poésie et l'horreur se mêlent avec un naturel sidérant, véritable quête onirique sur l'identité et les origines aux confins de la folie et qui finalement réussi à nous déstabiliser.
Malgré une certaine maladresse par moment et une fin explicative inutile, Teruo Ishii réussi là une œuvre foisonnante d'idée où l'étrangeté et l'épouvante sont omniprésentes et qui ne laissera personne indifférent tant ce film ne ressemble à aucun autre et que son univers riche visuellement et émotionnellement nous offre plusieurs niveaux de lecture.






















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MessagePosté le: Sam 6 Juin - 15:29:05 (2009)    Sujet du message: Publicité

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